LUXATION DE L’ARTICULATION GLÉNO-HUMÉRALE
LUXATION ANTÉRIEURE :
dans 95 % des cas, il s’agit d’une luxation antérieure.
CLINIQUE :
• Douleur aiguë + impotence fonctionnelle totale.
• Attitude : MS en légère abduction, coude fléchi, main controlatérale soutenant le coude.
• Signe du coup de hache externe, comblement du sillon delto‑pectoral.
+++ URGENCE : Vérifier systématiquement :
1. Pouls radial, recoloration cutanée.
2. Sensibilité du moignon de l’épaule (nerf axillaire), motricité de la main.
3. Rechercher une fracture associée (patient âgé, traumatisme à haute énergie).
→ Si déficit vasculo‑nerveux ou suspicion de fracture : transfert immédiat aux urgences pour avis chirurgien orthopédique.
IMAGERIE :
Radiographie :
- Avant réduction : Face + profil de Lamy (ou équivalent). >> Rechercher : la position de la tête humérale et la présence d'une encoche de Malgaigne (Hill-Sachs),
+ Après réduction : Clichés de contrôle mêmes incidences.
RÉDUCTION : (si luxation antérieure sans signe de gravité)
• Analgésie/sédation selon recommandations (cf tableau)
• Traction douce et progressive, jamais de mouvement brusque.
• Manœuvres possibles : (cf image)
MILCH : abduction progressive jusqu’à 150° + rotation externe douce, recentrage en poussant la tête humérale.
KOCHER : Coude à 90°, traction dans l’axe. Rotation externe lente. Adduction du coude sur le thorax. Rotation interne pour terminer (à réaliser avec prudence).
En cas d’échec ou de doute : une seule tentative, puis transfert pour réduction sous AG.
APRÈS RÉDUCTION :
- Contrôle clinique immédiat : mobilité passive prudente, examen vasculo-nerveux (nerf axillaire).
- Radiographie post-réduction.
- Immobilisation coude au corps (écharpe ou gilet) pendant 3 semaines (adapter âge/comorbidités).
SUIVI ET ORIENTATION :
Consultation à J8-J15: bilan douloureux, mobilités, recherche rupture de coiffe (> 40–50 ans). La réévaluation orthopédique précoce contribue à limiter les instabilités chroniques.
Arrêt de travail : si port de charge lourde, environ 1 mois
Kinésithérapie secondaire : mobilisation passive puis active, renforcement coiffe et ceinture scapulaire.
Avis spécialisé Orthopédie : premier épisode chez sujet jeune sportif, récidives, déficit de coiffe ou instabilité résiduelle.
LUXATION POSTÉRIEURE :
Penser à la luxation postérieure en cas de traumatisme indirect (crise comitiale, électrisation).
CLINIQUE : Peu de déformation de l’épaule, proéminence de l’apophyse coracoïde, comblement de la région sous-acromiale externe.
- La rotation externe active et passive est impossible +++ (pathognomonique).
- La flexion active du bras est conservée, mais le blessé ne peut pas placer sa main en supination lorsque son coude est en extension (signe de l’aumône).
IMAGERIE :
La radiographie de face montre un aspect de superposition de la tête humérale sur la cavité glénoïde (dite en coucher de soleil) ; profil de Lamy ou d’omoplate, incidence de GARTH +++.
Rechercher une lésion osseuse ++ (encoche céphalique antérieure de McLaughlin).
Un TDM aura un intérêt thérapeutique avant réduction si l’encoche paraît importante sur les clichés initiaux.
PRISE EN CHARGE : Réduction sous anesthésie associant traction, rotation externe et pression douce d’arrière en avant.
Immobilisation en rotation neutre ou externe (4 à 6 semaines).
SUIVI ET ORIENTATION : identique
Cotation CCAM : MZMP001 — contention souple d’une articulation du membre supérieur : 31,35 € (58,23 € avec le modificateur M). Conditions de facturation.
Pour en savoir plus …
Les référentiels des collèges, Orthopédie-Traumatologie, Ellipses, 4ᵉ édition, 2024,
