ENTORSE DE CHEVILLE
CLINIQUE
La grande majorité des cas concerne une entorse latérale (en inversion forcée), mais il faut aussi penser aux entorses médiales, aux entorses de la syndesmose et surtout aux fractures associées ou simulant une entorse.
Douleur vive, gonflement local (œdème) et parfois sensation de craquement.
Ecchymose souvent retardée, dont la localisation doit être précisée. Un « œuf de pigeon » (hématome malléolaire latéral précoce) est un signe de gravité.
Palpation douce et systématique. Elle recherche une douleur sur les trajets ligamentaires (LTFA en pré-malléolaire) et élimine les diagnostics différentiels en palpant les reliefs osseux.
Tests cliniques : le tiroir antérieur et le Talar tilt, selon le contexte clinique.
URGENCE / SIGNE DE GRAVITÉ : L'enjeu est d'exclure une fracture, une lésion de la syndesmose ou une rupture tendineuse.
Drapeaux rouges :
Pas de mécanisme de torsion évocateur.
Douleur en dehors de la région antéro-latérale.
Signe de Thompson positif (suspecter une rupture du tendon d'Achille).
Plaie cutanée, gonflement majeur de l'avant-pied ou déformation évidente.
Symptômes vasculo-nerveux (anomalie de coloration ou chaleur des extrémités).
Syndrome de la syndesmose : À suspecter si la douleur se situe au-dessus de l'interligne ou si la palpation du ligament tibio-fibulaire antéro-inférieur est douloureuse.
IMAGERIE
Radiographies Cheville de Face (de « mortaise ») et Profil englobant la base du 5e métatarsien.
Échographie : recommandée si l'on suspecte un syndrome de la syndesmose. IRM : réservée au bilan des lésions associées ou en cas d'évolution traînante.
PRISE EN CHARGE
Le traitement dépend de la gravité de l'atteinte.
Entorse bénigne (stade 1) : Protocole RICE (Repos, Glace/Ice, Compression, Élévation). Attelle souple pendant 2 semaines. Appui autorisé selon la douleur.
Entorse de moyenne gravité (stade 2) : Traitement fonctionnel par Attelle stabilisatrice type Aircast® pendant 3 semaines minimum.
Entorse grave (stade 3) : Immobilisation par Botte plâtrée ou Botte de marche pendant 6 semaines.
Thromboprophylaxie (HBPM) : Indispensable si le patient ne peut pas poser le pied à terre ou en cas d'immobilisation plâtrée.
Kinésithérapie (Fondamentale) : incluant exercices adaptés à la douleur, proprioception, travail de stabilité.
Une prise en charge correcte est importante car une partie des patients peuvent développer ensuite une instabilité chronique de cheville.
AVIS chirurgical spécialisé : Recommandé en cas de fracture associée, de suspicion de lésion de la syndesmose ou d'instabilité persistante après une rééducation bien conduite.
SUIVI ET ORIENTATION
Réévaluation clinique à J7.
Critères d'alerte à J21 : Persistance de la douleur (non-mécanique), gonflement aggravé ou non-récupération de la flexion dorsale. Evaluation des PROMs (Cumberland Ankle Instability Tool & Foot and Ankle Ability Measure) par le kinésithérapeute.
Reprise du sport : Utilisation recommandée du score Ankle-GO pour valider le retour au sport (score > 11 points).
Instabilité chronique : À évaluer à 6 mois si le patient a subi deux épisodes ou ressent une gêne persistante (utilisation du questionnaire CAIT).
Cotation CCAM : NGMP001 — contention souple de la cheville et/ou du pied : 20,90 € (47,78 € avec M) ; NZMP003 — appareil rigide d’immobilisation de la jambe, de la cheville et/ou du pied ne prenant pas le genou : 27,57 € (54,45 € avec M). Conditions de facturation.
Pour en savoir plus …
Les référentiels des collèges, Orthopédie-Traumatologie, Ellipses, 4ᵉ édition, 2024,
Les référentiels des collèges, Rhumatologie, Elsevier-Masson, 8e édition, 2024
